Le sprinteur américain Gil Roberts blanchi des accusations de dopage

Le sprinteur américain Gil Roberts blanchi des accusations de dopage

©TheLawsp

Gil Roberts, sprinteur américain de renommée internationale, a été blanchi des accusations de dopages portées contre lui par l’Agence mondiale antidopage (AMA). Le Tribunal Arbitral du Sport a conclu que l’athlète avait ingéré le produit dopant de façon involontaire, en embrassant sa compagne

Contrôle positif et procédure devant l’American Arbitration association

En mars 2017, Monsieur Roberts a subi un contrôle antidopage inopiné, qui s’est révélé positif au probénécide, une substance de la classe des diurétiques aussi considéré comme agent masquant inscrit à la liste des substances et méthodes interdites de l’AMA. Par la suite, l’USADA (Agence américaine antidopage) a procédé au test de l’échantillon B qui s’est avéré être également positif. Le champion olympique du 4x400m en 2016, a alors immédiatement été suspendu de toute compétition sportive pour une durée de 4 ans.

L’athlète a contesté sa suspension devant une formation de l’American Arbitration Association (AAA). Suite à une enquête et une audition menée le 10 juillet 2017, l’AAA a rendu une décision favorable à l’athlète.

Selon ce dernier, le probénécide s’est retrouvé dans son système immunitaire après avoir embrassé sa compagne, qui avait développé une infection aux sinus quelques semaines plus tôt à l’occasion d’un voyage en Inde. Afin de traiter son infection, celle-ci a ingéré un médicament (le Moxylong) contenant justement du probénécide, le 24 mars 2017, soit la journée du test du dépistage. Le couple formé par Monsieur Roberts et Madame Salazar se serait alors embrassé à plusieurs reprises, quelques heures avant le contrôle impromptu réalisé par l’inspecteur antidopage.

Considérant le faible taux de présence de la substance interdite dans les échantillons de l’athlète, la thèse du sprinter était vraisemblable et a finalement convaincu les arbitres de son innocence. La formation de l’AA n’a en effet pas retenu de faute ou de négligence de la part de l’athlète et l’a acquitté des infractions incriminées, le relaxant ainsi.

Appel devant le Tribunal Arbitral du Sport

Afin d’obtenir gain de cause, l’AMA a porté la décision en appel devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Le tribunal de Lausanne a confirmé à l’unanimité, la théorie invoquée par l’athlète en première instance. Selon les juges, les preuves factuelles présentées devant le TAS par Gil Roberts étaient cohérentes et ne pouvaient être contredites par les preuves scientifiques proposées par l’AMA.

Il a également été établi que la faible quantité de probénécide décelée n’aurait eu aucun effet en tant qu’agent de masquage utile. Tous les éléments pertinents en l’espèce ont démontré que l’ingestion de probénécide était accidentelle. De la sorte, par prépondérance des probabilités, le scénario de consommation de la substance interdite a été accepté par les juges arbitraux et aucune sanction n’a été retenue à l’encontre du sportif.

La défense “Gasquet” : un cas unique ?

Cette défense ressemble fortement à celle du joueur de tennis Richard Gasquet, qui avait échappé à une lourde suspension en 2009. En effet, le tennisman français avait convaincu la formation du TAS que les traces de cocaïne trouvées dans son système étaient dues à des baisers échangés avec une femme qui avait, préalablement consommé de la drogue. [1]

Selon les arbitres, le joueur n’avait pas pu consommer directement cette drogue au regard des traces minimes de cette dernière décelées dans son sang. Par ce fait, ils acceptaient la thèse de l’athlète comme étant complètement plausible et réaliste. Le tribunal suisse avait déclaré au prononcé du jugement qu’il s’agissait d’une situation qui était unique en son cas. Pourtant, un autre athlète, le perchiste canadien Shawn Barber, avait plaidé une défense similaire qui lui avait permis de concourir aux Jeux Olympiques de 2016 à Rio. [2]

Depuis 2009, la défense du « baiser passionné » a été plaidée et confirmée dans au moins deux nouveaux dossiers.

Sans appel

L’AMA a indiqué qu’elle ne porterait pas en appel, la décision unanime du TAS devant le Tribunal fédéral suisse.

Me Mathieu Laplante-Goulet


[1] Arbitration CAS 2009/A/1926 International Tennis Federation (ITF) c. Richard Gasquet & CAS 2009/A/1930 World Anti-Doping Agency (WADA) c. ITF & Richard Gasquet, Décision du 17 décembre 2009;

[2] Centre de règlement des différends sportif du Canada : Décision SDRCC DT 16-0249 (Tribunal antidopage) décision du 11 août 2016;

Write a Comment

view all comments

Your e-mail address will not be published. Also other data will not be shared with third person. Required fields marked as *

deux × 2 =