Eugénie Bouchard et l’USTA se renvoient la balle

Le 14 octobre dernier, la joueuse de tennis canadienne Eugénie Bouchard a déposé une plainte civile devant l’US District Court for the Eastern District of New York, contre l’United States Tennis Association (USTA) et l’USTA National Tennis Center, à la suite d’un accident survenu dans un vestiaire le 4 septembre 2015 au cours de l’US Open.

Commotion cérébrale et éloignement des terrains

L’ancienne numéro 5 mondiale se serait blessée à la tête en glissant dans les vestiaires de Flushing Meadows, après sa victoire au premier tour du tournoi de double mixte de l’US Open 2015, alors associée à l’australien Nick Kyrgios.

Selon un communiqué de l’USTA – fédération américaine de tennis et organisatrice du tournoi du Grand Chelem new-yorkais – la joueuse de 21 ans a été contrainte de se retirer du tournoi à la suite d’une commotion cérébrale. La native de Montréal avait ainsi dû renoncer aux doubles dame et mixte et à son 1/8e de finale en simple contre l’italienne Roberta Vinci.

Selon l’avocat de la joueuse, Maître Benedict Morelli, les négligences de l’USTA et de l’USTA National Tennis Center (complexe sportif accueillant chaque année le tournoi depuis 1978) sont à l’origine de cet accident.

« Eugénie Bouchard a perdu l’équilibre et est tombée en raison d’une substance glissante et dangereuse sur le sol de salle de physiothérapie du vestiaire des femmes. La présence de la substance en question a été créée ou causée par les organisateurs qui n’ont pas assuré une sécurité minimale. Il s’agit d’un cas évident de négligence ayant entraîné des dommages graves pour ma cliente qui a été touchée tant sur le plan physique, moral, qu’économique. » (Maître Benedict Morelli, Avocat de la joueuse) 

Si l’avocat n’a pas évoqué de montant précis en vue d’une éventuelle réparation des dommages subis en terme de perte de revenus, qualité de vie et frais médicaux, il a indiqué qu’il pourrait s’agir « d’une affaire de plusieurs millions de dollars » étant donné la nature de la blessure et les séquelles dont souffre toujours aujourd’hui la finaliste du tournoi de Wimbledon 2014. De plus, il a indiqué que l’inactivité forcée de sa cliente lui avait fait perdre plusieurs rangs au classement mondial de la WTA (passant de la 25e à la 48e place mondiale), accentuant ainsi ses pertes financières.

En effet depuis sa blessure, Eugénie Bouchard a dû renoncer aux tournois asiatiques de Tokyo et Wuhan et a été contrainte à l’abandon au premier tour du tournoi de Pékin début octobre, en raison d’étourdissements : « Malheureusement, je ne me sentais pas assez bien pour terminer le match. Je me croyais prête physiquement, mais les symptômes de ma commotion sont revenus. J’espère guérir bientôt. »

Réponse de l’USTA devant la cour de l’État de New York

La réaction de l’USTA ne s’est pas faite attendre. Dans des conclusions remises le 13 novembre dernier à l’US District Court for the Eastern District of New York, la fédération américaine avance plusieurs manquements de la part de la ½ finaliste du tournoi de Roland Garros 2014.

Afin de rejeter toute responsabilité quant à la commotion cérébrale dont a été victime Eugénie Bouchard, l’USTA soutient entre autres qu’ « en tant que membre de l’élite du tennis professionnel, la plaignante connaissait d’expérience les procédures et les protocoles quant à l’utilisation de la salle de physiothérapie. Elle n’aurait jamais dû se trouver dans la salle de traitement sans consentement explicite ou sans être accompagné d’un membre dûment autorisé du personnel d’encadrement. La plaignante a donc sciemment et volontairement assumé tous les risques de ses actions et ne peut donc demander aucun dédommagement.»

De plus, l’USTA avance le fait qu’après la prétendue chute de la canadienne, celle-ci a refusé toute assistance médicale et a préféré quitter immédiatement les lieux.

Enfin et de manière plus originale, la fédération américaine de tennis fait allusion à l’activité de la joueuse sur les réseaux sociaux comme moyen de défense.

« La plaignante affirme avoir subi des blessures permanentes et persistantes encore aujourd’hui, mais cette affirmation est incohérente avec ce que la plaignante laisse voir sur les médias sociaux et dans ses commentaires publics. »

L’USTA a demandé la réunion d’un jury, tout comme l’avait fait l’avocat de la joueuse, mais aucune date n’a pour le moment été fixée. Reste à connaître l’issue de cette affaire, dont seul le système juridique américain a le secret…

La Rédaction


Conclusions de l’USTA devant l’US District Court for the Eastern District of New York 

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