Dopage : Maria Sharapova contrôlée positive au meldonium

Maria Sharapova a annoncé lundi avoir été contrôlée positive au meldonium, une substance qui venait d’être inscrite sur la liste des produits prohibés de l’Agence Mondiale Anti-dopage. 

La championne russe va être suspendue à titre conservatoire à partir du 12 mars, «en attendant qu’une décision soit prise sur son cas», annonce la Fédération internationale de tennis (ITF).

Le meldonium : un produit interdit depuis le 1er janvier 2016

dopageLe produit a été inscrit par l’AMA sur la liste des substances prohibées au 1er janvier 2016, après avoir été intégré au programme de surveillance l’année précédente « afin de détecter les tendances potentielles d’abus ». 

En effet, depuis 2004, et en vertu du Code mondial antidopage, l’AMA publie annuellement la liste des substances et méthodes interdites.

Dans son rapport répertoriant les substances bannies, l’AMA a fait savoir que « le meldonium a été ajouté en raison des données indiquant son utilisation par des athlètes afin d’améliorer leur performance ».

Le meldonium : un médicament utilisé à des fins thérapeutiques ?

Néanmoins, la tenniswoman a admis prendre depuis dix ans ce « médicament sur prescription de [son] médecin de famille ». Selon la joueuse de rang mondial, le meldonium lui était prescrit depuis 2006 pour « traiter des problèmes de santé récurrents, un déficit en magnésium, une arythmie cardiaque et des cas de diabète dans (sa) famille ».

Or, l’utilisation d’une substance interdite par un sportif pour des raisons médicales peut être légitimée par une autorisation d’usage à des fins thérapeutiques (AUT). De cette manière, le recours à ces produits ou procédés n’entraine ni sanction pénale, ni sanction disciplinaire. Cette autorisation doit être accordée par l’AFLD, une fédération internationale ou encore une organisation antidopage étrangère. Plusieurs conditions doivent être réunies pour obtenir une AUT :

  • l’état pathologique du sportif doit être chronique ou aigu
  • établissement du fait que l’intéressé subirait un préjudice de santé significatif s’il ne pouvait faire usage de ce produit
  • Absence d’effet ergogène : le produit ne doit pas améliorer la performance autre que celle attribuable au retour à un état de santé normal. 
  • la prescription ne doit pas résulter d’un usage antérieur a des fins non thérapeutiques

En l’espèce, plusieurs conditions telles que l’absence d’effet ergogène de la substance semblent manquer, évinçant ainsi toute suspicion quand à la délivrance possible d’une AUT à la tenniswoman russe. 

Quid de la responsabilité de Sharapova ? 

Selon le point 1.12.2 du règlement de la Fédération Internationale de Tennis (FIT), il est « de la responsabilité de chaque joueur de connaître ce qui constitue une violation des règles antidopage et de savoir quelles sont les substances et méthodes interdites ».

 « J’ai reçu un mail de l’Agence mondiale antidopage fin décembre et je n’ai pas contrôlé la liste pour voir si ce médicament figurait maintenant sur la liste des produits prohibés » (M. Sharapova)

La championne russe avait pourtant reçu – fin décembre 2015 – un e-mail de l’AMA indiquant que le mildronate appartiendrait, à partir de 2016, à la liste des substances interdites. Elle a omis de cliquer sur le lien contenu dans le courrier électronique. « Je suis pleinement responsable, a-t-elle admis.

Selon son avocat Me John Haggerty, Sharapova pourrait être suspendue jusqu’à quatre années. Mais cette suspension pourrait aussi selon lui, être réduire à quelques années voire quelques mois si la commission antidopage de l’ITF prend en compte les explications et la bonne foi de sa cliente.

Kévin Pelé


Communiqué de l’ITF 

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